Planche 09

Lichen Simplex Chronique

Aussi appelée : Neurodermatite circonscrite

Eczéma et dermatites
Illustration © Roxana Barin Cliquer pour agrandir

Informations générales

  • Dermatose inflammatoire chronique caractérisée par une lichénification localisée secondaire au grattage ou frottement répété.
  • Se présente sous forme d’une ou plusieurs plaques épaissies et bien délimitées.
  • Résulte d’un cycle auto-entretenu : prurit → grattage → inflammation → augmentation du prurit.
  • Le traumatisme mécanique chronique entraîne une hyperplasie épidermique et un épaississement cutané.
  • Peut survenir sur une peau initialement normale ou être secondaire à une dermatose prurigineuse sous-jacente.
  • Une dermatite atopique ou un terrain atopique peut être associé.

Symptômes / présentation

  • Prurit chronique et intense = symptôme principal.
  • Prurit souvent intermittent ou paroxystique, parfois plus important la nuit ou lors de périodes d’inactivité.
  • Grattage ou frottement répété, parfois devenu habituel ou inconscient.
  • Le grattage procure un soulagement temporaire, mais entretient le cycle prurit–grattage.
  • Rechercher une cause sous-jacente de prurit : dermatite atopique, dermatite de contact, xérose, dermatophytie, etc.

Examen clinique

  • Plaque épaissie, indurée et lichénifiée, généralement bien délimitée.
  • Accentuation marquée des lignes cutanées = signe caractéristique.
  • Surface sèche, rugueuse ± squameuse.
  • Excoriations et croûtes possibles secondairement au grattage.
  • Hyperpigmentation brune, grisâtre ou violacée possible.
  • Desquamation généralement discrète.
  • Sur les peaux foncées, peut présenter une hyperpigmentation importante ± papules folliculaires.

Distribution

  • Localisation caractéristique aux zones facilement accessibles au grattage.
  • Nuque, classiquement fréquente chez la femme.
  • Cuir chevelu.
  • Chevilles et jambes.
  • Haut des cuisses.
  • Face externe des avant-bras.
  • Région ano-génitale.
  • Habituellement une ou quelques plaques localisées.

Dermoscopie

  • Accentuation du réseau et des lignes cutanées.
  • Squames blanchâtres variables.
  • Zones d’hyperpigmentation brunâtre ou grisâtre.
  • Excoriations, érosions et croûtes possibles.
  • Absence de patron dermoscopique spécifique : la dermoscopie est surtout utile pour évaluer les diagnostics différentiels.

Diagnostic

  • Diagnostic principalement clinique, basé sur le prurit chronique, le grattage répété et la lichénification caractéristique.
  • Rechercher et traiter une cause sous-jacente du prurit.
  • KOH/culture mycologique si dermatophytie suspectée.
  • Patch tests si suspicion de dermatite de contact allergique.
  • Biopsie cutanée si présentation atypique, persistante ou diagnostic incertain.
  • Histologie : hyperkératose, acanthose/hyperplasie épidermique et inflammation chronique superficielle du derme.

Diagnostic différentiel

  • Psoriasis en plaques
  • Dermatite de contact allergique
  • Dermatite de contact irritative
  • Dermatite atopique
  • Dermatophytie (tinea corporis)
  • Prurigo nodulaire
  • Lichen plan hypertrophique
  • Mycosis fongoïdes dans certaines présentations atypiques ou persistantes

Plan de traitement

  • Objectif principal : briser le cycle prurit–grattage.
  • Identifier et traiter la dermatose ou cause prurigineuse sous-jacente.
  • Éviter le grattage et le frottement; pansements occlusifs possibles pour protéger certaines lésions.
  • Émollients réguliers pour restaurer la barrière cutanée.
  • Dermocorticoïdes puissants à très puissants pour les plaques épaisses sur les régions appropriées.
  • Ex. clobétasol propionate 0,05 % 1–2×/jour pendant 1–2 semaines, puis réévaluation.
  • Sur les régions sensibles ou à peau mince : privilégier un corticoïde moins puissant ou un inhibiteur de la calcineurine, selon le site.
  • Plaques épaisses réfractaires : triamcinolone intralésionnelle peut être envisagée par un dermatologue; la concentration et le volume dépendent du site et de la taille de la lésion.
  • Un antihistaminique sédatif, p. ex. hydroxyzine, peut parfois être utilisé à court terme lorsque le prurit nocturne perturbe le sommeil, en tenant compte de ses effets indésirables.
  • Prendre en charge les facteurs comportementaux ou psychologiques lorsqu’ils contribuent au cycle de grattage.

Références

  1. DermNet — Lichen simplex chronicus.
  2. UpToDate — Lichen simplex chronicus.
  3. Merck Manual Professional — Lichen simplex chronicus.
  4. Bolognia JL, Schaffer JV, Cerroni L. Dermatology. Elsevier.