Planche 03

Dermatite Dyshidrotique

Aussi appelée : Pompholyx · Dyshidrose · Eczéma dyshidrosique

Eczéma et dermatites
Illustration © Roxana Barin Cliquer pour agrandir

Photographies cliniques

18 photographies · affichées en entier

Images cliniques présentées à des fins éducatives.

Informations générales

  • Dermatite vésiculeuse récurrente et très prurigineuse des mains et/ou pieds.
  • Associée à l’atopie, la dermatite de contact allergique et l’hyperhidrose.
  • Facteurs aggravants : chaleur, transpiration, stress, irritants et exposition répétée à l’eau.
  • Évolution par poussées avec résolution généralement en 2–3 semaines, souvent suivie de desquamation.
  • Récidives fréquentes; surinfection bactérienne possible.

Symptômes / présentation

  • Début souvent brutal.
  • Prurit intense ± sensation de brûlure, parfois avant l'apparition des lésions.
  • Poussées récurrentes de vésicules.
  • Douleur possible en présence de fissures.
  • Rechercher : atopie, allergie de contact, hyperhidrose et dermatophytie.

Examen clinique

  • Petites vésicules profondes, fermes et enchâssées, souvent regroupées.
  • Aspect caractéristique en « grains de tapioca ».
  • Contenu initialement clair.
  • Vésicules pouvant confluer en bulles dans les formes sévères.
  • Érythème généralement discret.
  • Résolution → desquamation.
  • Formes chroniques → fissures ± lichénification.
  • Croûtes jaunâtres, pustules ou suintement → rechercher une surinfection.

Distribution

  • Faces latérales des doigts +++
  • Paumes +++
  • Plantes +++
  • Orteils possibles.
  • Typiquement bilatérale et symétrique.

Dermoscopie

  • Vésicules translucides jaunâtres ou blanchâtres, profondes.
  • Fond érythémateux discret ou absent.
  • Squames blanchâtres lors de la résolution.
  • Fissures superficielles dans les formes chroniques.
  • Pas de patron vasculaire spécifique.

Diagnostic

  • Principalement clinique.
  • Patch tests si suspicion de dermatite de contact allergique ou maladie chronique/récidivante.
  • Grattage/KOH ou culture mycologique si suspicion de tinea manuum/pedis.
  • Culture bactérienne si suspicion de surinfection.

Diagnostic différentiel

  • Dermatite de contact allergique ou irritative
  • Tinea manuum / tinea pedis
  • Psoriasis palmoplantaire/pustuleux
  • Gale
  • Panaris herpétique (herpetic whitlow)
  • Dermatite atopique des mains
  • Kératolyse exfoliative
  • Maladie bulleuse auto-immune, plus rarement

Plan de traitement

  • Éviter irritants, exposition répétée à l’eau et allergènes identifiés.
  • Émollients fréquents et protection des mains.
  • Phase vésiculeuse : compresses/pansements humides; grosses bulles pouvant être drainées en conservant le toit.
  • Dermocorticoïdes puissants à très puissants :
  • Ex. clobétasol propionate 0,05 % 1–2×/jour × 7–14 jours, puis réévaluation.
  • Formes sévères/réfractaires : photothérapie (p. ex. PUVA) ou traitement systémique spécialisé.
  • Antibiothérapie seulement si surinfection bactérienne clinique.

Identifier et traiter une dermatophytie associée.

Références

  1. DermNet. Dyshidrotic eczema (pompholyx)
  2. American Academy of Dermatology (AAD). Dyshidrotic eczema
  3. UpToDate. Chronic hand eczema
  4. Bolognia JL, Schaffer JV, Cerroni L. Dermatology. Elsevier.